Congrès des Sociétés de Pédiatrie

Cité des congrès à LYON
Du jeudi 24 mai au samedi 26 mai 2018

Chroniques de nos experts

Congrès 2019

Pas à pas PAP 4 - Rectorragies du nouveau-né et du nourrisson

Rectorragies du nouveau-né et du nourrisson

Pr Patrick TOUNIAN

La survenue de rectorragies chez un nouveau-né ou un jeune nourrisson est une situation fréquente. Lorsque l’enfant reçoit des protéines du lait de vache (PLV), on évoque immédiatement une allergie aux PLV. Au cours de l’intervention, vous apprendrez pourquoi ce diagnostic est rarement en cause et connaitrez la conduite qu’il faut avoir pour rassurer les parents sans imposer des mesures ou des explorations inutiles et contraignantes à l’enfant. Des rectorragies peuvent également survenir chez un nouveau-né ou un nourrisson exclusivement allaité, suscitant une grande inquiétude chez les parents, mais également le pédiatre. Que faire pour rassurer la famille devant cette pathologie le plus souvent totalement bénigne, vous le saurez au cours de la même conférence.

Conférencier : Pr Patrick TOUNIAN
Chef du service de Nutrition et gastroentérologie pédiatriques, Hôpital Trousseau, Paris
Faculté de Médecine Sorbonne Université/INSERM NutriOmique UMRS 1269

Modérateur : Dr Marc BELLAICHE
Service Gastro-entérologie, mucoviscidose et nutrition, CHU Hôpital Robert Debré, Paris

 

Table Ronde TR 4 - Vitamine D en prénatal

Vitamine D en prénatal

Pr Alexandra BENACHI

Donnée de façon systématique, depuis 1995 en France, au début du 3ème trimestre de la grossesse sous forme d’une ampoule de 100.000 UI, la vitamine D a récemment beaucoup fait parler d’elle. De par ses multiples rôles dans la régulation du métabolisme phosphocalcique mais également dans l’immuno-modulation, la régulation du système rénine/angiotensine et de la glycémie, l’angiogenèse et l’infection il n’est pas étonnant que les potentiels rôles de la vitamine D dans les principales complications de la grossesse aient été la source de nombreuses publications. Cependant, en dépit d’une littérature foisonnante sur le sujet peu de consensus ont été atteints. La dernière étude de la Cochrane (2016) recommande encore récemment de ne pas supplémenter les patientes enceintes en vitamine D. L’étude française FEPED, observationnelle, sur 3093 patientes enceintes avec des dosages aux 1er et 3ème trimestres a permis de montrer que 50% des patientes étaient déficitaires en vitamine D (25(OH)D <20 ng/ml) au 1er trimestre et que la supplémentation actuellement recommandée en France ne permettait pas de corriger efficacement le déficit en vitamine D au 3ème trimestre et chez les nouveaux nés. Deux études de cohortes réalisées au sein de FEPED ont permis de confirmer un lien entre déficit en vitamine D et pré-éclampsie mais d’infirmer l’existence d’une association avec le diabète gestationnel. L’étude FEPED a également permis de montrer l’absence de lien entre dosage de 25-OHD, prématurité et petit poids pour l’âge gestationnel.

Pr Alexandra BENACHI
Chef du Service de Gynécologie-Obstétrique de l’Hôpital Antoine Béclère, Clamart, France

 

Pas à pas PAP 11 - Hypercholestérolémies de l’enfant

Hypercholestérolémies de l’enfant

Pr Patrick TOUNIAN

Peu de pédiatres savent que les hypercholestérolémies familiales débutent dès l’enfance et nécessitent des mesures thérapeutiques dès l’âge pédiatrique pour prévenir la survenue d’accidents cardio-vasculaires prématurés (avant 55 ans chez les hommes et avant 60 ans chez les femmes). Comment et quand les diagnostiquer, quelles explorations réaliser, quelles mesures diététiques mettre en place, quand débuter un traitement médicamenteux et comment le surveiller, voilà toutes les questions auxquelles l’orateur répondra lors de ce pas-à-pas. Vous comprendrez pourquoi l’hypercholestérolémie est aussi une maladie pédiatrique.

Conférencière : Dr Julie LEMALE
Service de Nutrition et gastroentérologie pédiatriques, Hôpital Trousseau, Paris

Modérateur : Pr Patrick TOUNIAN
Chef du service de Nutrition et gastroentérologie pédiatriques, Hôpital Trousseau, Paris
Faculté de Médecine Sorbonne Université/INSERM NutriOmique UMRS 1269

 

Atelier AT 18 - Certificat d'aptitude au sport

Certificat d'aptitude au sport

Dr Caroline OVAERT

Les morts subites survenant chez l’enfant ou adolescent apparemment sain, lors d’activités sportives, nous interpellent tous. Les étiologies cardiaques, incluant les anomalies de trajet des artères coronaires, les troubles rythmiques ou les cardiomyopathies, sont le plus fréquemment retrouvées. Ces évènements dramatiques suscitent de multiples questions autour du "certificat d’aptitude au sport". Qui peut et doit délivrer ce certificat ? Le médecin traitant ? Le pédiatre ? Le cardiologue ? Le cardiopédiatre expert en évaluation à l’effort? Peut-on se limiter à un examen cardiovasculaire simple avec anamnèse exhaustive ou faut-il compléter systématiquement par un ECG, une échocardiographie, voir une épreuve d’effort ? Ces examens ont-ils une sensibilité et une spécificité adéquates ? Sont-ils efficaces ou faussement rassurants et potentiellement anxiogènes en découvrant des anomalies "non significatives" ?
La législation nous aide-t-elle dans cette démarche particulièrement sensible ? Nous verrons que les lois diffèrent en fonction des pays. Qu’en est-il en France et comment interpréter ces différences ? Toutes ces questions seront abordées par le Dr Grégoire de la Villéon, cardiopédiatre à Montpellier et expert en évaluation cardio-respiratoire à l’effort. La session se terminera par la présentation de plusieurs cas cliniques "de tous les jours" permettant de clarifier les concepts de ce problème très important.

Dr Caroline OVAERT, MD, PhD, HDR, MCU-PH
Chef de service Unité médicale de cardiologie pédiatrique et congénitale
Timone Enfant, AP-HM, Marseille

 

Mise au point MAP 17 - Sepsis : du diagnostic à la prise en charge

Sepsis : du diagnostic à la prise en charge

Pr Etienne JAVOUHEY

La définition du sepsis a changé chez l’adulte et est défini par une défaillance d’organe causée par une dérégulation de la réponse de l’hôte à une infection suspectée. Le choc septique est une défaillance circulatoire (hypotension) associée à une dysfonction métabolique avec un taux de lactate > 2 mmol/l. Cependant, la défaillance circulatoire chez l’enfant ne peut se résumer à une hypotension car celle-ci est trop tardive. Les signes de mauvaise circulation périphériques (temps de recoloration cutané, extrémités froides et marbrures) associés à une tachycardie définissent une défaillance circulatoire chez l’enfant. Le lactate est corrélé à un mauvais pronostic mais il est difficile d’établir un seuil à partir duquel on pourrait considérer l’enfant comme à très haut risque de mauvaise évolution. L’absence de normalisation ou une mauvaise clairance du lactate sont plus performantes. La reconnaissance précoce du sepsis est l’enjeu majeur. Or, on ne peut pas attendre une hypotension artérielle ou des signes de défaillance d’organe avant de reconnaître un sepsis et d’agir pour le traiter. L’enjeu est donc de définir des critères suffisamment sensibles et spécifiques pour identifier précocement les enfants susceptibles d’évoluer vers un choc septique.
Les services prenant en charge des enfants à risque de sepsis, doivent mettre en place des systèmes de screening des enfants en sepsis, utilisant des critères cliniques (quick look), anamnestiques (inquiétude parentale), et des paramètres physiologiques de base (FC, FR, SpO2, PA). L’index de choc pourrait être un outil intéressant dans ce screening initial. Des systèmes de tri basés sur un recueil de données informatisées sont proposés. Une prise en charge avec un timing bien précis basé sur un ensemble de mesures diagnostiques et thérapeutiques (« Bundles of care ») améliore le pronostic. Il est recommandé de réaliser une hémoculture, de mesurer le lactate, de poser une voie d’abord veineuse (ou un cathéter intra-osseux en cas d’impossibilité dans les 5 minutes) pour administrer un remplissage vasculaire de 20 ml/kg et des antibiotiques (dans les 3 heures ou au mieux dans l’heure suivant l’identification initiale).
La réponse à ces mesures doit être évaluée dans la première heure et encore plus vite en cas d’hypotension ou de troubles de conscience. En l’absence de réponse au remplissage (30 à 40 ml/kg selon l’âge), des amines vasopressives doivent être administrées. La noradrénaline et l’adrénaline sont les deux drogues de choix dans ce contexte ; la dopamine n’ayant plus sa place en dehors du nouveau-né de moins de 28 jours.

Pr Etienne JAVOUHEY,
Chef de service de réanimation pédiatrique, président du GFRUP
Chair de la section sepsis de l’ESPNIC

 

Pas à pas PAP 3 - Hypoglycémie néonatale

Hypoglycémie néonatale

Pr Delphine MITANCHEZ

A la naissance, l’adaptation métabolique en réponse à l’interruption du flux placentaire de nutriments est un des aspects importants de l’adaptation à la vie extra utérine, au même titre que l’adaptation cardio-respiratoire.

Il existe une phase transitionnelle de 48-72h au cours de laquelle les voies métaboliques participent à la régulation de la glycémie du nouveau-né. Ces systèmes de régulation sont complexes et intriqués. Ils peuvent être déficients dans certaines situations néonatales particulières, même chez le nouveau-né pris en charge en maternité.

En effet, la surveillance, la prévention et le traitement de l’hypoglycémie du nouveau-né est un problème majeur et récurrent en maternité. La connaissance de ces nouveau-nés à risque permet la prévention de l’hypoglycémie néonatale et une meilleure prise en charge. Ces aspects sont importants en raison du risque potentiel de séquelles neurologiques en cas d’hypoglycémies sévères et répétées.

Cependant, de nombreuses controverses existent sur ce sujet, tant en ce qui concerne le moment et la durée de la surveillance que les seuils de la glycémie à considérer pour intervenir.

Par ailleurs, il faut toujours avoir un regard critique en cas d’hypoglycémie concernant un nouveau-né sans facteur de risque évident ou dont l’évolution ne correspond pas à celle d’une hypoglycémie transitionnelle. Dans ces situations, des mesures doivent être mises en place pour rechercher une cause spécifique aux hypoglycémies.

Pr Delphine MITANCHEZ
Chef du service de néonatologie
Hôpital Armand Trousseau
Paris, France

 

Table ronde TR 32 - L'enfant, l'épilepsie et l'école

L'enfant, l'épilepsie et l'école

Pr Stéphane AUVIN

L’épilepsie est une des maladies chroniques les plus fréquentes. C’est un groupe hétérogène de différentes formes d’épilepsie avec la moitié des enfants et adolescents qui vont présenter des difficultés scolaires en lien avec l’absentéisme, la stigmatisation ou des troubles d’apprentissages. Une prise en charge adaptée est nécessaire. La scolarisation conduit à se confronter à un certain nombre d’enjeux comme le maintien du traitement quotidien, l’intervention en cas de survenue de crises épileptiques à l’école et parfois aussi aux aménagements et aides pédagogiques. Il faut prendre en compte chez ces patients tous ces éléments pour une scolarisation réussie.

Cela passe souvent par la rédaction d’un Projet d’accueil individualisé (PAI). Le PAI est un document médico-administratif rédigé à la demande des familles et à destination de l’équipe éducative. Réglementairement, les rédacteurs sont le médecin scolaire ou le médecin de PMI souvent à l’aide des recommandations et des prescriptions du médecin traitant ou du médecin spécialiste. Le PAI permet de préciser : un besoin thérapeutique, des aménagements et éventuellement un protocole d’urgence. Un volet peut s’ajouter avec un projet personnalisé de scolarisation (PPS) qui est une demande auprès de la MDPH pour mise en place de stratégie dans le cadre d’un handicap (difficultés scolaires liés à un trouble spécifique ou non des fonctions cognitives). Le PAI du patient avec épilepsie va bien au-delà des éléments de prises en charge médicamenteuses et des traitements d’urgence. Le PAI doit aussi prévenir les restrictions inadaptées du quotidien qui peuvent isoler l’enfant et contribuer aux difficultés d’intégration des patients avec épilepsie.

C’est aussi à l’âge scolaire qu’il faut commencer à évoquer l’orientation professionnelle chez l’adolescent avec épilepsie. La stabilité de la maladie, la réglementation et la présence de troubles cognitifs sont les éléments à prendre en compte pour guider le patient vers une formation qui risque de ne pas aboutir d’emblée ou dans un deuxième temps à un emploi.

Pr Stéphane AUVIN
Neurologie et épilepsie pédiatrique
Responsable du CRMR épilepsies rares
CHU Robert-Debré, Paris

 

Table ronde TR 23 - Les syndromes périodiques : vomissements cycliques, vertiges paroxystiques, torticolis paroxystiques

Les syndromes périodiques : vomissements cycliques, vertiges paroxystiques, torticolis paroxystiques

Pr François FEILLET

Les syndromes périodiques de l’enfant regroupent des syndromes survenant à intervalle plus ou moins régulier et incluant les vomissements et les vertiges cycliques, les migraines abdominales ainsi que les torticolis paroxystiques. Ces syndromes ont une nosologie commune qui s’intègre dans le cadre des migraines de l’enfant.

Ces syndromes représentent un problème de pédiatrie important, car ils peuvent toucher jusqu’à 1% des enfants. Le tableau typique comprend la survenue d’épisodes stéréotypés, à intervalle plus ou moins réguliers et séparés par des périodes où l’enfant est parfaitement asymptomatique. L’expression clinique est variable dans sa symptomatologie et dans sa gravité pour chaque enfant.
Ces enfants doivent bénéficier d’une évaluation complète, à la fois en gastro et en neuropédiatrie, en particulier si le syndrome n’est pas typique pour ne pas passer à côté de diagnostics différentiels gastro-intestinaux, endocriniens, toxiques, neurologiques voire psychiatriques. La physiopathologie de ces syndromes s’intègre dans celle des migraines avec un terrain de dysfonction mitochondriale modérée associé à des facteurs déclenchants comme le stress, les infections ou certains phénomènes dysautonomiques. La prise en charge devra s’adapter à chaque enfant avec une analyse précise des facteurs déclenchants et du terrain spécifique de chaque patient.

Il faut différentier la prise en charge de la crise qui peut nécessiter une hospitalisation avec administration de médications antiémétiques telles l’ondansétron (Zophren®) ou l'aprépitant (EMEND®).

Les antimigraineux de type sumatriptan (Imigrane®) peuvent être utilisés au-delà de 12 ans. La mise en place d’une perfusion glucosée permet de raccourcir la crise en faisant disparaitre la cétose qui participe à la pérennité des crises de vomissements. Le traitement de fond doit s’adapter à chaque enfant, à son âge et à sa symptomatologie.

Les médicaments utilisables sont les antidépresseurs de type amitriptyline (Laroxyl®), les bétabloquants de type propanolol (Avlocardyl®, Syprol®), les antiépileptiques et les médicaments à visée énergétiques comme la L-carnitine ou le coenzyme Q10. L’utilisation de ces traitements commence à être bien établie dans le syndrome des vomissements cycliques, leurs efficacités respectives dans les autres syndromes périodiques de l’enfant restent à établir.

Pr François FEILLET
Chef du service de Médecine Infantile
Coordonnateur du centre de référence des maladies héréditaires du métabolisme de Nancy
CHU Brabois Enfants

 

FORUM - Jeunes pédiatres : osez bouger

Jeunes pédiatres : osez bouger !

Justine Bacchetta

La session "Jeunes pédiatres, osez bouger !" est proposée par le comité d'interface Inserm/pédiatrie pour cette SFP 2019. En effet, de multiples possibilités sont ouvertes aux internes et jeunes pédiatres qui souhaiteraient une expérience à l’étranger : pays francophone ou anglophone (ou autre), mobilité clinique, de recherche, humanitaire... A travers deux exemples vécus, nos orateurs essaieront de vous montrer les richesses d'un tel parcours, en présentant de manière conviviale leur propre expérience, de l'idée initiale à la recherche de financements, de l'obtention du visa aux premières consultations en terrain (non) conquis, jusqu'à leur retour en France...

Pr Justine BACCHETTA
Coordinatrice du comité d'Interface Inserm/Pédiatrie

 

 

Table ronde TR 25 - Résultats génétiques inattendus

Résultats génétiques inattendus

Pierre Le Coz

Lorsqu’ils ignorent la cause d’un mal qui frappe un tout jeune enfant, les pédiatres s’enquièrent de l’avis d’un généticien. Si la décision est prise de recourir, en plus du caryotype standard, à une technique d’exploration plus fine et plus globale du génome, les parents devront être informés de l’éventualité d’une découverte fortuite d’autres risques génétiques. Ils auront à consentir expressément à cette potentielle annonce « secondaire ». Dans le cas où la découverte incidente porte sur un ou plusieurs gènes pour lesquels une réponse préventive ou thérapeutique est envisageable, l’information est une obligation juridique et morale qui se fonde sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Les parents informeront les autres membres de la famille potentiellement concernés. Pour les cas où le bénéfice lié à la découverte n’est pas clair, une question éthique se pose : doit-on être loyal au risque de susciter une angoisse inutile ? Le malaise que l’on ressent ici est symptomatique d’un dilemme moral.

Certains repères éthiques permettent d’aider à la résolution de ce type de cas de conscience. En accord avec le principe de bienfaisance, et dans le même esprit que le dépistage biologique, un test génétique pratiqué sur un enfant doit uniquement servir à promouvoir sa propre qualité de vie. On ne saurait présumer du consentement d’un enfant à être transparent aux yeux de ses parents. En termes kantiens, l’enfant est une « fin en soi » et non un « moyen » favorisant la transmission de l’information intrafamiliale. Pour le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE), le dépistage doit « améliorer significativement l’espérance et les conditions de vie du malade ». Par contraste, la révélation d’informations non demandées, sans issues thérapeutiques ou préventives, serait un non-sens médical. De plus, tourmenter l’esprit des parents plusieurs années avant les signes (seulement éventuels et toujours variables) de la maladie de leur enfant serait faire entorse au principe hippocratique de non-malfaisance (« surtout ne pas nuire »).

De ce point de vue, il conviendrait de ne pas dispenser une information génétique inattendue aux parents pour un bénéfice faible ou incertain. Cependant, la cause est loin d’être entendue car depuis plusieurs années, des voix se font entendre du côté des patients souffrant de maladies rares pour souligner que l’information permet d’éviter l’errance diagnostique. Cela revient à dire que le diagnostic n’est plus au service de la thérapeutique mais est déjà en soi une forme de thérapeutique. A quoi s’ajoute le fait que la révélation précoce d’une fragilité congénitale favoriserait des mesures diététiques plus ou moins préventives.

Pr Pierre LE COZ
Professeur de philosophie
Faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille
Aix Marseille Université, CNRS, EFS, ADES, Marseille, France

 

Mise au point MAP 10 - Mondialisation des résistances des bactéries aux antibiotiques : quelles conséquences pour mes patients ?

Mondialisation des résistances des bactéries aux antibiotiques : quelles conséquences pour mes patients ?

Mathie LORROT

Plus d’un patient sorti d’une consultation chez son médecin traitant pour une infection virale s’est plaint de n’avoir pas de traitement, sous-entendu sans traitement antibiotique pourtant inutile dans ce cas. Les antibiotiques sont si présents dans notre quotidien qu’on oublierait presque leur caractère indispensable mais les antibiotiques sont en péril !

En effet, depuis la découverte en 1928 par Alexander Fleming de l’action antibiotique du champignon Penicillium, les antibiotiques ont révolutionné la médecine. Ils ont diminué drastiquement les décès par infection bactérienne ; ils ont accompagné les progrès médicaux. Ainsi, les greffes d’organes, le traitement des cancers, la prise en charge des patients très vulnérables comme les immunodéprimés, les prématurés, et bon nombre d’interventions chirurgicales ne pourraient pas être réalisées sans traitement antibiotique.
Malheureusement, ces dernières années, de nombreux rapports et publications ont sonné l’alerte. Les bactéries s’adaptent en mettant au point de complexes mécanismes de résistance aux antibiotiques qu’elles échangent entre elles. Certains antibiotiques sont devenus moins ou plus du tout efficaces. La réserve de nouveaux antibiotiques, qu’on pensait initialement inépuisable, se tarit et peine à faire face aux extraordinaires facultés d’adaptation des bactéries.

En 2019, les bactéries résistantes aux antibiotiques ne sont plus circonscrites à l’hôpital ; elles commencent à émerger dans les infections communautaires, y compris chez l’enfant et chez le nouveau-né.

Alors, est-ce que le 21ème siècle verra s’achever l’ère de la toute-puissance des antibiotiques ? Devra-t-on assister à la banalisation du risque d’infection à des bactéries résistantes à tous les antibiotiques disponibles ? Est-ce que la résistance aux antibiotiques va inéluctablement mettre en péril les magnifiques progrès de la médecine moderne ? Que faire face à ce fléau grandissant ?

Au cours de cette session, le Pr Jean-Ralph ZAHAR, infectiologue et professeur d’hygiène hospitalière, vous exposera de manière didactique les causes et l’épidémiologie de la résistance des bactéries aux antibiotiques dans le monde. Il vous expliquera quelles solutions sont possibles et comment vous pouvez promouvoir le juste usage des antibiotiques dans votre cabinet de ville et à l’hôpital.

Pr Mathie LORROT
Professeur des Universités - Praticien Hospitalier
Sorbonne Université
Service de Pédiatrie Générale et Equipe Opérationnelle d’Infectiologie, Hôpital Armand Trousseau (Paris)
Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique (GPIP) de la SFP

 

L'année en... pédiatrie générale, les 5 articles de l'année

Pédiatrie générale : les 5 articles de l'année

Elise LAUNAY

La mise à jour des connaissances et l’entretien des compétences font partie de nos engagements lors du serment médical. Pris dans nos activités cliniques et nos plannings bien remplis, il est cependant parfois difficile de trouver du temps pour lire la littérature scientifique, qui plus est dans la langue de Shakespeare !

Ce temps de lecture est pourtant l’occasion de trouver des réponses à nos questionnements cliniques, de remettre en cause nos pratiques mais aussi (et peut-être surtout) de nous poser de nouvelles questions. C’est donc également une façon de rendre service à nos patients. Devant l’évolution exponentiellement croissante de la littérature scientifique, nous pouvons nous sentir noyé-e-s sous la masse d’information qui peut ne pas toujours se révéler pertinente pour notre pratique…

David Sackett, père de la médecine fondée sur les preuves, proposait 4 règles de lecture rapide pour un article scientifique avant de se lancer dans une analyse plus approfondie :

1/ Regarder le titre : est-ce que cet article peut correspondre à votre pratique ?

2/ Regarder les auteurs : s’agit-il d’experts du sujet ?

3/ Lire le résumé : est-ce que la conclusion (si elle s’avère fiable) a un intérêt pratique pour votre exercice ?

4/ Prendre en compte le lieu et la période d’étude :

• Est-ce que ceux-ci sont suffisamment proche des vôtres pour que les résultats décrits soient applicables aux patients que vous prenez en charge ?
• Avez-vous accès aux infrastructures, expertises et/ou technologies décrites et mises en œuvre dans l’étude rapportée ?
• Est-ce que les patients décrits ressemblent à ceux que vous prenez en charge ?

C’est dans cette démarche que nous (le Groupe de Pédiatrie Générale) vous proposons une sélection de 5 articles nous semblant pertinents pour l’exercice de pédiatrie générale. Les articles ont été sélectionnés pour leur intérêt dans la discipline dans toutes ses dimensions : pédiatrie libérale, hospitalière, communautaire (PMI, protection de l’enfance, médecine scolaire) et pour leur qualité méthodologique. Notre sélection s’est faite en échangeant nos lectures de l’année écoulée ainsi que par une lecture des sommaires pour l’année 2018 des principales revues de pédiatrie généralistes (Archives de Pédiatrie, Pediatrics, JAMA Pediatrics, Journal of Pediatrics, Archives of Disease and Childhood, Pediatric And Perinatal Epidemiology, Frontiers in Pediatrics…) et 3 revues généralistes (NEJM, Lancet, JAMA).

Nous espérons que vous ressortirez de cette session avec quelques réponses à vos questionnements mais surtout de nouvelles questions et l’envie de lire la littérature médicale comme le dernier Fred Vargas !

Dr Elise LAUNAY
MCU-PH, service de Pédiatrie Générale, CHU de Nantes
Vice-Présidente du Groupe de Pédiatrie Générale

 

Table ronde TR 16 - Pathologies oubliées à prévention vaccinale (tétanos, diphtérie, polio, tuberculose, fièvre jaune)

Poliomyélite : les enjeux de l'éradication

Patrick IMBERT

La poliomyélite est une maladie infectieuse redoutée depuis l’antiquité pour ses paralysies (1 cas sur 20) et sa létalité (5 à 10 %). En l’absence de traitement, l’espoir de vaincre ce fléau mondial est venu de la découverte dans les années 50 du vaccin poliomyélitique injectable (VPI), vaccin inactivé découvert par Salk, et du vaccin poliomyélitique oral (VPO), vaccin vivant atténué de Sabin. C’est ce dernier qui a été choisi pour une vaccination à l’échelon mondial. Dans les pays industrialisés, la polio a rapidement reculé puis disparu, grâce au VPO relayé par le VPI. Dans les pays en développement, elle perdure en raison de nombreux obstacles à la vaccination et à la surveillance des paralysies flasques aiguës. Néanmoins, le nombre des cas dus à un virus sauvage a baissé de plus de 99 %, passant de 350.000 cas estimés en 1988 dans plus de 125 pays d’endémie, à 33 cas notifiés en 2018 en Afghanistan et au Pakistan, pays connus pour leur résistance à la vaccination. Cette réduction drastique de l’incidence de la polio permet d’envisager son éradication à l’échelon mondial, 40 ans après celle de la variole.

Mais auparavant, plusieurs défis restent à relever : (i) dans les pays d’endémie, juguler l’émergence de poliomyélites paralytiques associées au vaccin oral, devenues majoritaires (102 cas en 2018), en remplaçant le VPO par le VPI dans les pays indemnes de poliomyélite ; (ii) renforcer la protection vaccinale dans les pays à risque par des campagnes de vaccination ; (iii) protéger les pays indemnes de la réintroduction du virus par des recommandations aux voyageurs en direction ou en provenance des pays d’endémie. Ce danger, qui persistera jusqu’à l’éradication de la poliomyélite à l’échelon de la planète, rend impératif de poursuivre la vaccination systématique dans l’ensemble des pays du globe jusqu’à la certification de l’éradication.

Dr Patrick IMBERT
Centres de vaccinations internationales de l’Hôpital d’instruction des armées Bégin, Saint-Mandé, et du Centre hospitalier Annecy Genevois, Pringy.
Groupe de pédiatrie tropicale de la société française de pédiatrie.

 

Table ronde TR 15 - Le témoignage du pédiatre en cour d’assises

Le témoignage du pédiatre en cour d’assises

Caroline REY-SALMON

La cour d’assises est une juridiction destinée à juger les crimes, c'est-à-dire les infractions les plus graves. Le pédiatre, comme tout médecin, peut être sollicité pour y déposer en tant que témoin ou en tant qu’expert, après avoir prêté serment. Le pédiatre libéral, urgentiste ou spécialiste est cité à comparaître en tant que témoin pour rapporter les faits tels qu’il les a constatés au cours de son activité professionnelle. L’expert est celui qui a été chargé par un magistrat, et de manière indépendante des parties, de la rédaction d’un rapport « technique » pour discuter des éléments de preuve scientifique, les dater et expliquer le déroulement le plus vraisemblable des faits.

A l’occasion de l’audience, tous les éléments du dossier vont être examinés en profondeur, débattus exclusivement oralement et de façon contradictoire. Après une déposition libre, le pédiatre sera invité à répondre aux questions, d’abord du président, puis de l’avocat général, et enfin des avocats de la partie civile et de défense.

L’audience en cour d’assises est solennelle, ritualisée, empreinte d’un grand formalisme et toujours très impressionnante pour les médecins qui n’ont souvent reçu aucune formation pour cet exercice. Il convient donc de préparer sa déposition et idéalement de pouvoir assister à un procès d’assises avant d’en être un des acteurs. La déposition doit toujours être accessible, claire et compréhensible par tous. Les règles relatives au secret professionnel doivent être connues mais elles ne doivent pas constituer une entrave à la manifestation de la vérité.

Dr Caroline REY-SALMON
Pédiatre des hôpitaux, médecin légiste.
Expert agréé par la Cour de cassation.
Unité médico-judiciaire de l'Hôtel Dieu Paris (APHP)

 

Congrès 2018

Table ronde TR 9 - Acidocétose

Acidocétose

Rachel REYNAUD

Les données épidémiologiques nationales, mais également internationales, mettent en évidence une augmentation d’incidence du diabète de type 1 de l’enfant et de l’adolescents de plus de 4 % par an au cours des 15 dernières années. En France, l’incidence annuelle du diabète, estimée à 18 pour 100 000 enfants de moins de 20 ans en 2013-2015, a connu ainsi doublée depuis 20 ans : chaque année plus de 3 000 enfants âgés de moins de 20 ans débutent un diabète et en 2017, le nombre d’enfants et adolescents de moins de 15 ans ayant un diabète est estimé entre 21 et 26 000.

Le deuxième fait épidémiologique important est un rajeunissement de la population concernée avec 26 % d’enfants âgés de moins de 5 ans lors de la découverte du diabète. En Europe, l’accroissement de l’incidence annuelle est deux fois plus élevé dans ce groupe d’âge.

L’acidocétose est la préoccupation majeure au début ou au cours de l’évolution du diabète. Elle est le facteur de risque principal de décès dans le DT1 à cet âge (8 à 10 décès par an). Elle constitue, par ailleurs, une situation de morbidité sévère pouvant aboutir à des séquelles cérébrales importantes. Elle nécessite des hospitalisations en milieu de soins intensif, éprouvantes pour les familles et coûteuses pour la société. La fréquence et la gravité au diagnostic de l’acidocétose lors de la découverte du diabète a été évaluée en France depuis 2009 à partir du suivi de la cohorte entourant de la campagne de prévention de l’acidocétose menée de l’AJD : elle correspond au mode de découverte du diabète pour 44 % des nouveaux cas de diabète pédiatrique et d’autant plus que l’enfant est jeune. Chaque année, 4 et 8 jeunes diabétiques de moins de 15 ans meurent, soit un taux de mortalité, toutes causes confondues, 2 à 3 fois supérieur à celui des jeunes du même âge.

Il a été démontré que cette fréquence peut notablement diminuer grâce à des campagnes d’informations orientées sur le grand public ou sur les médecins de premier recours mais aussi de mieux structurer en France le parcours de ces patients pour améliorer les pratiques, réduire les complications aiguës prévisibles et harmoniser l’accès aux soins sur le territoire national.

Rachel REYNAUD
Service de Pédiatrie Multidisciplinaire CHU Timone Enfants AP HM et Aix Marseille Université
Présidente de la Société Française d’Endocrinologie et Diabétologie Pédiatrique (SFEDP)

Dr Marc DE KERDANET
Praticien Hospitalier
Responsable de l'UF d'endocrinologie et diabétologie pédiatriques
Hôpital Sud CHU RENNES Président de l’Aide aux Jeunes Diabétiques (AJD)

 

Atelier AT 24 - Carnet de vaccination électronique

Carnet de vaccination électronique

Jean STAGNARA

Le seul Carnet De Vaccination Electronique (CVE) partagé entre le professionnel de santé et le patient.
Le Carnet De Vaccination Electronique est un outil commun au patient et au professionnel de santé qui permet l’accès aux données vaccinales à tout moment et en tout lieu.
- Pour le médecin, c’est un outil d’expertise qui facilite l’application des obligations et recommandations vaccinales. Il constitue également un registre permettant de fournir des données sur l’évolution de la couverture vaccinale de la population et ainsi permettre un travail de prévention ciblé.
- Pour le patient, le Carnet De Vaccination Electronique permet de connaitre son statut vaccinal en temps réel, d’obtenir des recommandations fiables et personnalisées afin de faire facilement le point sur sa situation. Il permet également de recevoir les notifications des prochaines échéances vaccinales.
L’outil est développé par un groupe de professionnels strictement indépendant des industries pharmaceutiques. Les données médicales générées sont hébergées selon la réglementation en vigueur et sont réservées aux patients et aux acteurs de santé.

Généraliser son utilisation sur toute la région et en France à l’occasion du congrès des sociétés de pédiatrie (AFPA, SFP, GPG…).
Suite à une expérimentation financée par l’ARS dans le cadre de TSN, l’URPS médecins est ainsi engagée dans une action volontariste visant à généraliser l’utilisation du Carnet De Vaccination Electronique au sein de la région Auvergne-Rhône-Alpes. En 2017, l’URPS a ainsi financé le développement de l’application mobile du CVE et a décidé de financer, à compter de 2018, son accès gratuit à tous les médecins libéraux (Généralistes et Pédiatres) de la région. L’URPS pharmaciens s’est également engagée pour permettre aux pharmaciens de ville d’utiliser le CVE parallèlement à leur participation à l’expérimentation de la vaccination contre la grippe dans les officines de ville. L’URPS médecins réalise des actions de promotion du CVE auprès des professionnels de santé et de la population, chacun pouvant ainsi ouvrir gratuitement son propre Carnet De Vaccination Electronique.

Accéder à l’outil
Les usagers peuvent se connecter sur www.cvep.fr.
Les professionnels de santé accèdent à leur compte professionnel CVE à partir de pro-cvep.fr

Dr Jean STAGNARA
Pédiatre hospitalo libéral
AFPA et SFP

 

Table ronde TR 37 - Asthme du moins de 6 ans

Comment porter un diagnostic d’asthme chez l’enfant d’âge préscolaire ?

Lisa GIOVANNINI-CHAMI

« Mon enfant a des bronchites asthmatiformes ! ». Tel est un motif de consultation bien trop fréquent en pratique pédiatrique. La bronchite qui siffle est rassurante car, pour les parents, ce n’est pas une maladie chronique, c’est un simple état de fait à l’occasion des virus hivernaux pour lequel un traitement uniquement ponctuel est recherché.

Porter un diagnostic d’asthme c’est donc pouvoir nommer devant les parents la pathologie asthmatique, expliciter sa chronicité et la nécessité d’un traitement de fond pour éviter les exacerbations viro-induites.

La place du pédiatre est essentielle dans ce processus diagnostique comme décrit dans les recommandations de l’HAS de 2009. La consultation de spécialité sera réservée aux enfants avec une anamnèse particulière, un examen clinique ou une radiographie anormaux.

La place de l’interrogatoire et de l’examen clinique est essentielle, le diagnostic ne pouvant reposer à cet âge en routine sur des données fonctionnelles. La radiographie du thorax en inspiration et expiration doit être systématique et les explorations allergologiques guidées par l’anamnèse personnelle ou familiale et la réponse au traitement.

La connaissance de l’ensemble des diagnostics différentiels dans cette classe d’âge est essentielle du fait de la nécessité d’éliminer des malformations congénitales pulmonaires ou cardiaques, des problèmes immunitaires ou génétiques dont le pronostic peut s’avérer sombre si le diagnostic reste méconnu.

Cette session exposera donc la démarche diagnostique ainsi que la place respective des différents acteurs de santé afin qu’une fois le diagnostic posé, un traitement adapté puisse être mis en place. Les différents phénotypes et les critères de persistance au-delà de la période scolaire seront également abordés.

Lisa GIOVANNINI-CHAMI
Maître de Conférences des Universités-Praticien Hospitalier
Hôpitaux pédiatriques de Nice CHU-Lenval

 

Table Ronde TR 48 - Purpura rhumatoïde

Le Purpura Rhumatoïde : une prise en charge qui a évolué

Dr Charlotte LACOUTIERE

Le Purpura Rhumatoïde est la vascularite la plus fréquente de l'enfant. Les IgA jouent un rôle central dans la physiopathologie, une diminution de la glycosylation de certains de leurs sites entraînerait leur agrégation en complexes macromoléculaires.

Les manifestations caractéristiques de cette pathologie sont : un purpura vasculaire, une atteinte articulaire, une atteinte digestive et une atteinte rénale. Le diagnostic est essentiellement clinique. Les dosages du facteur XIII ou des IgA ont été complètement abandonnés en raison de leur manque de spécificité.

Le repos strict au lit n'a pas d'influence sur l'évolution globale de la maladie ni sur son pronostic et ne doit plus être recommandé. Il s'agit dans la majorité des cas d'une pathologie bénigne, d'évolution favorable spontanément.

Le pronostic est dominé par la possible survenue d'une atteinte rénale qu'il convient de dépister systématiquement en surveillant la bandelette urinaire (BU) et la tension artérielle (TA) de ces enfants pendant 1 an.

La prise en charge sera fonction des taux de protéinurie durant la surveillance. On a actuellement beaucoup moins recours à la Ponction Biopsie Rénale.

Dr Charlotte LACOUTIERE
Néphropédiatre libérale
Lambersart (59)

 

Table Ronde TR 59 - Troubles de l'attachement

Revisiter la consultation pédiatrique à la lumière de la théorie de l'attachement

Dr Marie-Hélène CAVERT

Dans les 1ères années de vie, période de vulnérabilité, la survie physique et émotionnelle dépend de la relation d'attachement que l'enfant doit construire avec une figure "plus grande, plus forte et sensible".Il développe des stratégies stables de signalisation lorsqu'il est en danger ou en situation de détresse, en recherchant la proximité avec sa figure d'attachement et en cherchant à éliciter chez elle un comportement de soins (caregiving) et de protection. La théorie de l'attachement est un outil précieux pour accompagner les enfants et leurs parents dans le cadre des consultations de pédiatrie ambulatoire car :

  • La Consultation est une situation interpersonnelle attachement pertinente
    Les différents styles d'attachement ont des implications dans la relation malade médecin.
  • Les relations d'attachement influencent les comportements de santé
    Elles vont influencer l'expression somatique de la maladie et les comportements de recherche d'aide
    Le style d'attachement du médecin modifie sa perception des besoins du patient et influence la façon dont les signaux émotionnels négatifs peuvent le mettre en difficulté
  • Pratique pédiatrique et attachement :
    La théorie de l'Attachement nous permet d'aider les parents à comprendre les comportements de signalisation de leur enfant : pleurs inconsolables, agressivité lors des retrouvailles, crises de colère et de rage face aux frustrations, comportements tyranniques intenses.
    Les éléments d'observation de l'enfant et les interactions mère enfant au cours de la consultation peuvent nous apporter un éclairage différent à la lumière de la théorie de l'attachement.

En prenant soin de celui qui prend soin " Caring for the caregiver " , le pédiatre peut faire vivre au parent une expérience relationnelle différente.

Dr Marie-Hélène CAVERT
Pédiatre libérale
33400 Talence
AFPA

 

Table Ronde TR 7 - Chirurgie mini-invasive : vers le "0 cicatrice"

Vers le 0 cicatrice

Pr Guillaume Podevin

Une intervention chirurgicale nécessite classiquement une incision cutanée et pariétale, génératrice de douleurs post-opératoires et potentiellement de complications infectieuses ou cicatricielles (éventration), en partie indépendante du geste chirurgical qui a été réalisé à travers cette incision.

Les technologies vidéo et une nouvelle instrumentation chirurgicale ont permis dans les années 90 le développement de la chirurgie mini-invasive, soit en passant par des incisions infra-centimétriques et en utilisant des trocarts pour l'accès des cavités abdominale (cœlioscopie), pleurale (thoracoscopie) ou articulaire (arthroscopie), soit en passant par les voies naturelles, par exemple en endo-urologie, soit enfin par des techniques per-cutanées comme en orthopédie-traumatologie. Les études cliniques réalisées ensuite ont permis de sélectionner les interventions pour lesquelles ces abords mini-invasifs permettaient de réaliser une intervention aussi bien, voir mieux que par une large incision traditionnelle.

Le développement actuel de ce concept mini-invasif tente à encore diminuer l'impact pariétal et ses complications associées. Cette table ronde fera le point dans les 3 grands domaines de la chirurgie pédiatrique que sont la chirurgie viscérale, l'urologie et l'orthopédie, en développant les concepts de chirurgie per-cutanée, de trocart unique, de chirurgie robotique et/ou d'accès par les orifices naturels.

Pr Guillaume PODEVIN
Chirurgien pédiatre
CHU d'Angers

 

Table Ronde TR 34 - Désamorcer les situations difficiles en anesthésie réanimation pédiatrique

Désamorcer les situations difficiles en anesthésie réanimation pédiatrique

Dr Anne Laffargue

Le travail au bloc opératoire pédiatrique est un travail d'équipe, dans un lieu fermé et peu accessible, où des situations potentiellement difficiles peuvent se rencontrer.

L'enfant difficile peut être un enfant pour qui l'entrée au bloc opératoire peut être extrêmement anxiogène, et qui va exprimer son anxiété par des cris, une agitation ou un refus total de coopérer à l'induction de l'anesthésie. Dépister ces enfants dès la consultation d'anesthésie afin d'envisager une préparation psychologique multimodale est essentiel, afin d'améliorer le vécu de l'opération et éviter les répercussions émotionnelles post-opératoires.

Les relations avec les parents peuvent être difficiles, amenant parfois à des comportements agressifs, soit du fait d'un manque de confiance dans la relation avec le médecin anesthésiste, soit de l'incompréhension face à une situation difficile qui ne se passe pas comme prévu. Souvent ces difficultés relationnelles sont liées à un manque de communication et/ou d'information.

Enfin, les situations difficiles peuvent résulter de la présence d'un collègue difficile, qui peut être hypercritique, manipulateur, harceleur, faisant preuve d'abus d'autorité… Ces comportements peuvent induire chez ses collègues des états de stress qui peuvent compromettre le bon fonctionnement d'une équipe et la qualité des soins. Il est essentiel de savoir reconnaître ces situations, d'oser les objectiver et les révéler, de prendre en charge et aider les collègues qui en sont victimes et idéalement d'envisager les moyens de les prévenir.

Dr Anne LAFFARGUE
Responsable du Service d'Anesthésie Réanimation Pédiatrique
Hôpital Jeanne de Flandre-CHRU de Lille

 

Table Ronde TR 17 - Actualités sur le syndrome du bébé secoué : Conférence de consensus HAS 2017

Apport de l’imagerie dans le diagnostic et la datation du syndrome du bébé secoué (SBS)

Catherine Adamsbaum

Le radiologue a un rôle majeur dans le diagnostic du syndrome du bébé secoué (SBS). Le scanner cérébral est la clé du diagnostic car il révèle des hématomes sous duraux caractéristiques, plurifocaux. La présence de caillots au vertex est fondamentale à reconnaitre car elle indique la rupture des veines-ponts qui survient lors des secouements violents.

L’histoire rapportée est toujours fluctuante ou absente. L’IRM peut être effectuée dans un second temps pour l’analyse du parenchyme cérébral, des muscles cervicaux et du canal rachidien. Les radiographies du squelette complet doivent être effectuées hors urgence car elles nécessitent une technique parfaite pour pouvoir détecter des fractures subtiles.

La datation en imagerie est imprécise et inutile au moment du diagnostic. Au contraire, une datation erronée ou trop restrictive peut gêner l’expertise médico-légale ultérieure. Le seul élément à décrire lors de l’étape diagnostique est la co-existence de lésions récentes et anciennes. Ces lésions dites « d’âges différents » indiquent la répétition des violences. Leur diagnostic est souvent simple à affirmer pour les fractures du squelette, mais beaucoup plus difficile pour les lésions intracrâniennes et le plus souvent impossible pour les lésions traumatiques viscérales.

Enfin et surtout, il est essentiel d’avoir un dialogue entre radiologues et pédiatres afin de déterminer rapidement le degré de certitude diagnostique et de protéger l’enfant.

Catherine ADAMSBAUM
Professeur en Radiologie et Imagerie Médicale
Chef du service de Radiologie Pédiatrique, Hôpital Bicêtre APHP,
Faculté de Médecine Paris Sud

 

Table ronde TR 24 - Hernie diaphragmatique : anténatal, néonatologie, chirurgie

Thérapie in utero pour la Hernie de Coupole Diaphragmatique

Alexandra BENACHI

Pouvoir traiter l’hypoplasie pulmonaire avant la naissance permettrait d’améliorer le pronostic des nouveaux nés porteurs d’une HCD. Aujourd’hui, malgré les progrès de la médecine périnatale, encore 30 à 40% des enfants décèdent. Après l’abandon de la chirurgie à utérus ouvert l’occlusion trachéale fœtale par fœtoscopie est apparue comme une alternative moins invasive.

Cette technique repose sur le principe d’induction de la croissance pulmonaire liée à l’augmentation de tension sur les alvéoles pulmonaires en retenant le liquide dans les poumons in utero. Actuellement, cette technique est encore en cours d’évaluation grâce à deux essais randomisés qui concernent les HCD gauches de sévérité intermédiaires (TOTAL Trial 1) et les formes plus sévères (TOTAL Trial 2). Les fœtus participant aux essais naissent en moyenne à 35 semaines d’aménorrhée. Seuls les essais permettront de déterminer si les bénéfices attendus de la technique d’occlusion trachéale surpassent les effets potentiellement délétères de la prématurité induite. Si cela est démontré le parcours de soins des fœtus porteurs de HCD devra être réorganisé.

Alexandra BENACHI
Chef du Service de Gynécologie Obstétrique de l’hôpital Antoine Béclère (Clamart)
Centre de Référence Maladie Rare Hernie de Coupole Diaphragmatique

 

Table ronde du vendredi 2 mai

Quelle prémédication pour l'intubation trachéale en réanimation et salle de naissance ?

Xavier Durrmeyer

Les nouveau-nés représentent la seule catégorie de patients à subir de nos jour des intubations trachéales vigiles (sans anesthésie ou analgésie), hors urgence vitale. Pourtant les effets physiologiques délétères de la laryngoscopie et l'existence de la douleur chez le nouveau-né sont connus depuis plus de 30 ans. Il existe dans ce domaine, comme dans d'autres domaines de la prise en charge de la douleur néonatale, une réticence au recours systématique à l'analgésie/ sédation. Cette réticence est à la fois culturelle, mais aussi liée à des données scientifiques limitées et mal connues, source de craintes chez les praticiens. Cette présentation tentera d'évaluer la balance bénéfice/risque des différentes options disponibles pour prévenir la douleur et l'inconfort induits par l'intubation trachéale néonatale. Cette session permettra une synthèse des études cliniques récentes et proposera des conseils pratiques concernant les modalités possibles d'anesthésie avant l'intubation non-urgente des nouveau-nés.

Dr Xavier DURRMEYER
Praticien hospitalier
Pédiatrie et Réanimation néonatales, CHI Créteil
Chercheur associé Inserm U 1153, équipe Epopé, CRESS et Inserm U955, Equipe 13, IMRB, UPEC

 

Atelier AT 23 du samedi 26 mai

Les troubles des apprentissages

Thiébaut-Noël Willig

Catherine Billard

Les pédiatres, aux côtés des médecins généralistes et des pédopsychiatres ont un rôle essentiel dans l’évaluation et l’accompagnement du développement de l’enfant. L’exercice de cette fonction passe par des formations sur le développement normal et ses troubles, par l’utilisation d’outils d’évaluation basés sur des référentiels neurocognitifs, et sur une réflexion sur le parcours de santé issue du groupe d’experts réunis par la Haute autorité de santé en 2016-2017.

Une troisième génération d’outils d’évaluation : après la BREV puis l’Eda en 2012, verra le jour à l’automne 2018 la BMT-a utilisable par les médecins de premier recours dans le dépistage des difficultés d’apprentissage en lecture, orthographe et calcul. Une version plus complète (BMT-i) sera utilisable pour une analyse à la carte des compétences cognitives et des apprentissages des enfants. L’utilisation des nombreuses possibilités de la BMT-i comme son nom l’indique (Batterie Modulable de Tests informatisée) permet d’assurer aux pédiatres et à leurs professionnels en réseau une vraie sélection des évaluations complémentaires pertinentes, en plusieurs étapes selon la situation de l’enfant et du temps disponible de l’examinateur.

La formation des pédiatres de premier et de second recours, mais également des autres professionnels : médecin généralistes, médecins de PMI, médecins d’éducation nationale, psychiatres est engagé depuis plusieurs années. La collaboration avec les réseaux consacrés aux troubles des apprentissages, les centres de compétences et de référence sur le territoire, et les associations plus particulièrement de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire a pour objectif d’améliorer l’efficacité de la prise en charge des enfants souffrant de troubles des apprentissages et du langage. Les deux experts présents à l’occasion de ce congrès ont uni leurs efforts aussi bien dans le développement des outils que dans la formation pour faire évoluer le rôle du pédiatre dans le domaine de l’accompagnement du développement de l’enfant.

Dr Catherine BILLARD
Ex-responsable du CRTLA Bicêtre
Fondatrice du centre ressource Paris Santé Réussite
Présidente de l’Association Française de Recherche sur les Troubles des Apprentissages (ARTA)

Dr Thiébaut-Noël WILLIG
Pédiatre libéral et réseau Ptitmip (Toulouse)
groupe troubles scolaires de l’AFPA

 

Table ronde du samedi 26 mai

Apaiser les souffrances de la cour de l’école

Emmanuelle Piquet

Certains enfants, dès la fin du primaire et plus fréquemment encore au collège sont pris dans l’horrible cercle vicieux du harcèlement. Démunis, ils ne se sentent souvent aidés, ni par l’Institution, ni par les adultes de leur entourage pour en sortir en puisant dans leurs propres ressources.

Ces derniers en effet, interviennent fréquemment à la place des enfants victimes pour faire stopper ces interactions douloureuses. Ce faisant, avec évidemment l’intention contraire, ils prennent le risque de renforcer l’escalade complémentaire déjà existante entre les protagonistes et donc la vulnérabilité de l’enfant harcelé.

Les outils d’intervention issus des prémisses de l’Ecole de Palo Alto permettent une résolution du problème radicalement opposée puisqu’il s’agit, en quelques séances, d’outiller précisément les enfants vulnérables. Pour qu’ils apprennent à riposter de façon à la fois stratégique et efficace en brisant précisément l’escalade complémentaire dans laquelle ils sont bloqués parfois depuis de nombreux mois. Pour qu’en adoptant une posture et une façon de réagir fondamentalement différentes, ils acquièrent cette compétence essentielle : celle qui consiste à savoir se faire respecter.

Emmanuelle PIQUET
Psychopraticienne en thérapie brève.
Fondatrice des centres Chagrin Scolaire.

 

Conférence plénière du vendredi 25 mai

L'enfant dans l'art, l'enfance de l'art

Emmanuel Pernoud

L'enfance a joué un grand rôle pour les artistes. Baudelaire n'écrivait-il pas que le génie « n'est que l'enfance retrouvée à volonté » ? Retrouver l'enfance, pour les peintres, c'est ressaisir un état d'innocence du regard qui précéderait la nomination des choses. « Je prie tous les jours le bon Dieu qu'il me rende enfant », écrivait Corot, « c'est-à-dire qu'il me fasse voir la nature et la rendre comme un enfant, sans parti pris. » Ce mythe aura la vie longue. À propos de sa période fauve, Matisse déclarait : « nous étions alors devant la nature comme des enfants ». Sans cette croyance en la possibilité de remonter à l'aube des sensations, nous n'aurions ni Corot, ni Courbet, ni Cézanne, ni Matisse, ni Kandinsky : tous l'ont partagée à un moment ou l'autre de leur trajectoire. Mais de quelle enfance s'agit-il ? Les enfants eux-mêmes ont-ils leur place dans l'imaginaire artistique qui s'est réclamé d'eux ? À partir d'un choix de tableaux, connus ou moins connus, nous nous interrogerons sur l'origine et la persistance de ce mythe fondateur de l'art moderne.

Emmanuel PERNOUD
Professeur d'histoire de l'art contemporain, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

Conférence plénière du jeudi 24 mai

Robert Debré, un pédiatre visionnaire

Patrice Debré

Robert Debré (1882-1978)

Figure médicale majeure du XXème siècle, Robert Debré est né dans une famille de Rabbins Alsaciens. Après une licence de lettre, et un engagement auprès de Charles Péguy, il s'oriente vers la médecine et, très tôt, vers la pédiatrie, à laquelle il sera initiée au cours de son internat auprès d'Antoine Marfan et Arnold Netter. Reçu en 1921, à 39 ans, médecin des hôpitaux, il deviendra chef de service à l'hôpital Bretonneau, puis à l'hôpital Hérold, enfin à l'hôpital des Enfants Malades où il exercera de 1933 à 1957. À travers ses travaux sur les maladies infectieuses, métaboliques, endocriniennes et génétiques, auxquels seront associés de nombreux collaborateurs, il sera reconnu comme un des fondateurs de la pédiatrie française. Créateur du Centre international de l'enfance (1949), il sera le promoteur de la Réforme Hospitalo-Universitaire (1958) et le récipiendaire d'un prix Nobel de la paix au titre de l'Unicef (1965). Il présidera l'Institut National d'Hygiène de 1946 à 1964, l'école de santé publique de Rennes (1960) et le Haut Comité contre l'alcoolisme (1954). Nous rapporterons les principaux épisodes d'une vie guidée par l'honneur et la volonté de servir.

Pr Patrice DEBRÉ
Professeur d’Immunologie, Sorbonne Université – AP HP Pitié Salpêtrière

 

Congrès 2017

Conférence plénière du mercredi 17 mai

Le cas de conscience en pédiatrie : Approche éthique et philosophique

Pierre LE COZ

Le cas de conscience est une donnée permanente de l’exercice médical. De l’Antiquité à nos jours, l’histoire porte témoignage de tensions éthiques ressenties par les hommes de l’art. Toujours renaissants, les cas de conscience ont suscité des échanges entre médecins et philosophes en quête des solutions les plus humaines. L’un des cas de conscience les plus discutés durant l’époque médiévale fut celui du médecin-accoucheur confronté au dilemme tragique d’avoir à choisir entre la vie de la parturiente et celle de l’enfant qu’elle met au monde. C’est ce type de dilemme qu’on a appelé « cas de conscience ».

Comme l’indique le latin casus qui signifie « l’accident », « l’imprévu », « l’évènement fortuit », le cas de conscience désigne une situation hors normes, qui n’admet pas de solution toute faite. La meilleure façon de procéder est de se mettre autour d’une table et de discuter. Au cours de la délibération, une dialectique s’instaure entre rationalité et sensibilité. En éthique, en effet, les émotions sont nécessaires car ce sont elles qui nous alertent sur nos valeurs. Elles jouent comme des ressorts intuitifs qui dynamisent le processus de délibération. Les réactions des acteurs de la discussion se pondèrent mutuellement jusqu’à ce que se dégage progressivement, une solution équilibrée.

Parmi les émotions ressenties dans ce type de situation, l’une des plus essentielles est la crainte pour le patient. Dans le cas de la pédiatrie, l’équipe médicale s’interroge sur l’avenir de l’enfant, sur sa vie, sur ses souffrances actuelles et futures. Cependant, l’évolution « autonomiste » des mœurs et l’intrusion du juge comportent un risque pour la sérénité des débats. En effet, si le bien du patient en vient à être déterminé par des tiers (tels que les proches ou les parents), la discussion collégiale entre acteurs de soin perd de son intérêt. La crainte pour le patient se trouve affaiblie et contrecarrée par la crainte du contentieux, au risque de biaiser la délibération.

Parce qu’il est consubstantiel à la médecine, il importe que le cas de conscience puisse continuer à être abordé sereinement par l’équipe médicale, de façon casuistique et en toute indépendance, conformément au code de déontologie.

Pierre LE COZ
Philosophe et Professeur d'université

 

Table-ronde du mercredi 17 mai, de 16h30 à 18h00

L’enfant, le pédiatre et le terrorisme

Pierre FOUCAUD

Notre pays, comme d’autres démocraties, se voit confronté à une menace terroriste qui s’inscrit dans la durée. Ces attaques répétées ont en commun de frapper aveuglément un maximum de victimes, misant sur l’effet de surprise et instrumentalisant la barbarie largement relayée dans les médias. La surenchère de la terreur conduit à viser aussi les enfants (Toulouse 2012, Nice 2016), voire à cibler spécifiquement des enfants, comme l’attestent des attentats récemment déjoués.

Cette improbable réalité qui s’impose à nous et qui n’a rien d’une fatalité, requiert de la communauté pédiatrique une prise de conscience, afin de se préparer, s’organiser dans l’hypothèse de futures menaces. Les retours d’expérience, au niveau français et européen, doivent nourrir les différents plans d’afflux massif de jeunes, voire très jeunes victimes. La gestion du risque implique une coordination anticipée des principaux professionnels de l’enfant : urgentistes, réanimateurs, chirurgiens, anesthésistes, SMUR pédiatriques. Agences Régionales de Santé, SAMU et Service de Santé des Armées ont un rôle majeur dans le pilotage des cellules de crise, le damage control, les transferts secondaires, la formation et préparation logistique des équipes à cette médecine de guerre à laquelle nous sommes mal préparés. Pédiatres libéraux, psychologues, Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques doivent s’impliquer dans la gestion de l’après-coup, le champ du stress post-traumatique auquel les enfants sont particulièrement vulnérables. La déclinaison territoriale de ces plans, intégrant les victimes de tous âges, est coordonnée par les ARS, chargées de cartographier les sites habilités à la prise en charge des blessés en situation d’urgence absolue.

Pédiatres et pédopsychiatres contribuent aussi à soutenir parents et enseignants en quête de comportements adaptés pour sensibiliser les enfants sans induire d’angoisse inappropriée. Un exercice difficile, d’autant que chacun doit veiller à ce que l’islamisation de la radicalité ne génère pas d’amalgames.

Pierre FOUCAUD
Service de Pédiatrie, CH de Versailles - Référent Pédiatrie, ARS Ile de France

 

Conférence plénière du jeudi 18 mai

De la double hélice d’ADN au transhumanisme

Jean-François MATTEI

La découverte de la double hélice d’ADN en 1953 a permis de mieux comprendre l’évolution de l’homme. Elle est aussi à l’origine de techniques d’analyses permettant d’apprécier la « qualité » des enfants à naître et même de prévoir la survenue d’éventuelles maladies au cours de la vie. Cette démarche pourrait légitimer une nouvelle forme d’eugénisme libéral d’inspiration médicale. D’autant que les récentes méthodes de séquençage à haut débit, la biosynthèse du vivant et la possible modification ciblée du génome constituent l’une des quatre technologies dites convergentes. Ces biotechnologies associées aux nanotechnologies, à l’informatique et aux sciences cognitives (NBIC) sont le support du transhumanisme, mouvement d’idées qui prône la transformation de l’homme par l’améliorant de ses qualités et de ses performances jusqu’à le rendre immortel.

Jean-François MATTEI
Membre de l'Institut de France, ancien Ministre de la Santé, Professeur de génétique médicale

 

Session du vendredi 19 mai

L’accompagnement à la parentalité

Danièle SOMMELET

De la réflexion conceptuelle et organisationnelle à son objectif majeur : le bien-être de l’enfant et de l’adolescent

Alors que les politiques sociales ont ciblé sur la petite enfance une grande partie des dispositifs d’accompagnement à la parentalité, il importe de ne pas méconnaître l’ensemble des situations de fragilisation des fonctions parentales ; notamment, en cas d’anomalies du développement de l’enfant, de situations de handicap, de maladies chroniques, de troubles de la santé mentale, de ruptures familiales, d’inégalités d’accès aux soins, de scolarisation inadaptée, tout comme dans les contextes de migration, de violence, de terrorisme.

A l’issue d’une connaissance, certes incomplète, des dispositifs publics et privés existants, nous proposons les recommandations suivantes : une formation adaptée des acteurs, une orientation correcte des parents, le décloisonnement des dispositifs proposés, le suivi des données recueillies et le recours à des programmes en permettant l’évaluation.
L’objectif de l’accompagnement à la parentalité doit s’inscrire dans une politique de promotion et d’éducation à la santé ainsi que de la prise en charge des situations de vulnérabilité. La reconnaissance de la place des pédiatres est indispensable au maintien du lien familial et d’une approche humaniste de l’enfant.

Danièle SOMMELET,
Professeur émérite de Pédiatrie à l’Université de Lorraine

 

Début du concours jeudi 19 mai à partir de 9h30

SimPediatric Awards 2017 : demi-finales et finales à Marseille !

SimPediatric Awards

Depuis le lancement des SimPediatric Awards en décembre 2016, ce sont 14 équipes qui ont manifesté leur intérêt pour cette première édition. Dix équipes sont allées au bout du processus d’inscription en proposant les noms de quatre internes et d’un coach sénior. Seules six équipes pouvaient être retenues pour les demi-finales et finales qui se tiendront au congrès de la SFP à Marseille, et une phase de pré-sélection s’est donc déroulée mi-mars.

Cette phase de pré-sélection a eu lieu in situ dans chacune des villes participantes. Chaque équipe a été confrontée à un scénario d’arrêt cardio-respiratoire hypoxique chez un nourrisson hospitalisé pour bronchiolite. L’évaluation portait sur le respect de l’algorithme de prise en charge d’un arrêt cardio-respiratoire, sur la qualité technique de la réanimation, sur la répartition des tâches et la communication au sein de l’équipe.

Les six équipes qualifiées pour les demi-finales sont Poitiers, Nancy, Paris-Necker, Paris-Trousseau, Marseille, et Nantes ! Elles se retrouveront pour les demi-finales qui auront lieu à Marseille le jeudi 18 mai de 9h30 à 11h et de 16h30 à 18h. Au cours de chaque demi-finale, trois équipes s’affronteront en prenant en charge la même situation clinique, sous l’œil d’un « expert » qui aura proposé le cas. Les deux équipes sortant vainqueur des demi-finales s’affronteront le lendemain vendredi 19 mai de 11h à 12h30, et se retrouveront également face à une équipe de « séniors » composées uniquement de coachs !

Nous vous attendons nombreux pour soutenir ces internes aux compétences admirables, qui s’affronteront dans une atmosphère conviviale et bienveillante. Les cas cliniques proposés seront l’occasion de se rafraîchir les idées sur des situations que nous risquons de rencontrer un jour ou l’autre dans nos services. Rendez-vous le 18 mai à 9h30 pour les premières mises en situation !