Congrès des Sociétés de Pédiatrie

Cité des congrès à LYON
Du jeudi 24 mai au samedi 26 mai 2018

Chroniques de nos experts

Congrès 2018

Table ronde du vendredi 2 mai

Quelle prémédication pour l'intubation trachéale en réanimation et salle de naissance ?

Xavier Durrmeyer

Les nouveau-nés représentent la seule catégorie de patients à subir de nos jour des intubations trachéales vigiles (sans anesthésie ou analgésie), hors urgence vitale. Pourtant les effets physiologiques délétères de la laryngoscopie et l'existence de la douleur chez le nouveau-né sont connus depuis plus de 30 ans. Il existe dans ce domaine, comme dans d'autres domaines de la prise en charge de la douleur néonatale, une réticence au recours systématique à l'analgésie/ sédation. Cette réticence est à la fois culturelle, mais aussi liée à des données scientifiques limitées et mal connues, source de craintes chez les praticiens. Cette présentation tentera d'évaluer la balance bénéfice/risque des différentes options disponibles pour prévenir la douleur et l'inconfort induits par l'intubation trachéale néonatale. Cette session permettra une synthèse des études cliniques récentes et proposera des conseils pratiques concernant les modalités possibles d'anesthésie avant l'intubation non-urgente des nouveau-nés.

Dr Xavier DURRMEYER
Praticien hospitalier
Pédiatrie et Réanimation néonatales, CHI Créteil
Chercheur associé Inserm U 1153, équipe Epopé, CRESS et Inserm U955, Equipe 13, IMRB, UPEC

 

Atelier AT 23 du samedi 26 mai

Les troubles des apprentissages

Thiébaut-Noël Willig

Catherine Billard

Les pédiatres, aux côtés des médecins généralistes et des pédopsychiatres ont un rôle essentiel dans l’évaluation et l’accompagnement du développement de l’enfant. L’exercice de cette fonction passe par des formations sur le développement normal et ses troubles, par l’utilisation d’outils d’évaluation basés sur des référentiels neurocognitifs, et sur une réflexion sur le parcours de santé issue du groupe d’experts réunis par la Haute autorité de santé en 2016-2017.

Une troisième génération d’outils d’évaluation : après la BREV puis l’Eda en 2012, verra le jour à l’automne 2018 la BMT-a utilisable par les médecins de premier recours dans le dépistage des difficultés d’apprentissage en lecture, orthographe et calcul. Une version plus complète (BMT-i) sera utilisable pour une analyse à la carte des compétences cognitives et des apprentissages des enfants. L’utilisation des nombreuses possibilités de la BMT-i comme son nom l’indique (Batterie Modulable de Tests informatisée) permet d’assurer aux pédiatres et à leurs professionnels en réseau une vraie sélection des évaluations complémentaires pertinentes, en plusieurs étapes selon la situation de l’enfant et du temps disponible de l’examinateur.

La formation des pédiatres de premier et de second recours, mais également des autres professionnels : médecin généralistes, médecins de PMI, médecins d’éducation nationale, psychiatres est engagé depuis plusieurs années. La collaboration avec les réseaux consacrés aux troubles des apprentissages, les centres de compétences et de référence sur le territoire, et les associations plus particulièrement de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire a pour objectif d’améliorer l’efficacité de la prise en charge des enfants souffrant de troubles des apprentissages et du langage. Les deux experts présents à l’occasion de ce congrès ont uni leurs efforts aussi bien dans le développement des outils que dans la formation pour faire évoluer le rôle du pédiatre dans le domaine de l’accompagnement du développement de l’enfant.

Dr Catherine BILLARD
Ex-responsable du CRTLA Bicêtre
Fondatrice du centre ressource Paris Santé Réussite
Présidente de l’Association Française de Recherche sur les Troubles des Apprentissages (ARTA)

Dr Thiébaut-Noël WILLIG
Pédiatre libéral et réseau Ptitmip (Toulouse)
groupe troubles scolaires de l’AFPA

 

Table ronde du samedi 26 mai

Apaiser les souffrances de la cour de l’école

Emmanuelle Piquet

Certains enfants, dès la fin du primaire et plus fréquemment encore au collège sont pris dans l’horrible cercle vicieux du harcèlement. Démunis, ils ne se sentent souvent aidés, ni par l’Institution, ni par les adultes de leur entourage pour en sortir en puisant dans leurs propres ressources.

Ces derniers en effet, interviennent fréquemment à la place des enfants victimes pour faire stopper ces interactions douloureuses. Ce faisant, avec évidemment l’intention contraire, ils prennent le risque de renforcer l’escalade complémentaire déjà existante entre les protagonistes et donc la vulnérabilité de l’enfant harcelé.

Les outils d’intervention issus des prémisses de l’Ecole de Palo Alto permettent une résolution du problème radicalement opposée puisqu’il s’agit, en quelques séances, d’outiller précisément les enfants vulnérables. Pour qu’ils apprennent à riposter de façon à la fois stratégique et efficace en brisant précisément l’escalade complémentaire dans laquelle ils sont bloqués parfois depuis de nombreux mois. Pour qu’en adoptant une posture et une façon de réagir fondamentalement différentes, ils acquièrent cette compétence essentielle : celle qui consiste à savoir se faire respecter.

Emmanuelle PIQUET
Psychopraticienne en thérapie brève.
Fondatrice des centres Chagrin Scolaire.

 

Conférence plénière du vendredi 25 mai

L'enfant dans l'art, l'enfance de l'art

Emmanuel Pernoud

L'enfance a joué un grand rôle pour les artistes. Baudelaire n'écrivait-il pas que le génie « n'est que l'enfance retrouvée à volonté » ? Retrouver l'enfance, pour les peintres, c'est ressaisir un état d'innocence du regard qui précéderait la nomination des choses. « Je prie tous les jours le bon Dieu qu'il me rende enfant », écrivait Corot, « c'est-à-dire qu'il me fasse voir la nature et la rendre comme un enfant, sans parti pris. » Ce mythe aura la vie longue. À propos de sa période fauve, Matisse déclarait : « nous étions alors devant la nature comme des enfants ». Sans cette croyance en la possibilité de remonter à l'aube des sensations, nous n'aurions ni Corot, ni Courbet, ni Cézanne, ni Matisse, ni Kandinsky : tous l'ont partagée à un moment ou l'autre de leur trajectoire. Mais de quelle enfance s'agit-il ? Les enfants eux-mêmes ont-ils leur place dans l'imaginaire artistique qui s'est réclamé d'eux ? À partir d'un choix de tableaux, connus ou moins connus, nous nous interrogerons sur l'origine et la persistance de ce mythe fondateur de l'art moderne.

Emmanuel PERNOUD
Professeur d'histoire de l'art contemporain, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

Conférence plénière du jeudi 24 mai

Robert Debré, un pédiatre visionnaire

Patrice Debré

Robert Debré (1882-1978)

Figure médicale majeure du XXème siècle, Robert Debré est né dans une famille de Rabbins Alsaciens. Après une licence de lettre, et un engagement auprès de Charles Péguy, il s'oriente vers la médecine et, très tôt, vers la pédiatrie, à laquelle il sera initiée au cours de son internat auprès d'Antoine Marfan et Arnold Netter. Reçu en 1921, à 39 ans, médecin des hôpitaux, il deviendra chef de service à l'hôpital Bretonneau, puis à l'hôpital Hérold, enfin à l'hôpital des Enfants Malades où il exercera de 1933 à 1957. À travers ses travaux sur les maladies infectieuses, métaboliques, endocriniennes et génétiques, auxquels seront associés de nombreux collaborateurs, il sera reconnu comme un des fondateurs de la pédiatrie française. Créateur du Centre international de l'enfance (1949), il sera le promoteur de la Réforme Hospitalo-Universitaire (1958) et le récipiendaire d'un prix Nobel de la paix au titre de l'Unicef (1965). Il présidera l'Institut National d'Hygiène de 1946 à 1964, l'école de santé publique de Rennes (1960) et le Haut Comité contre l'alcoolisme (1954). Nous rapporterons les principaux épisodes d'une vie guidée par l'honneur et la volonté de servir.

Pr Patrice DEBRÉ
Professeur d’Immunologie, Sorbonne Université – AP HP Pitié Salpêtrière

 

Congrès 2017

Conférence plénière du mercredi 17 mai

Le cas de conscience en pédiatrie : Approche éthique et philosophique

Pierre LE COZ

Le cas de conscience est une donnée permanente de l’exercice médical. De l’Antiquité à nos jours, l’histoire porte témoignage de tensions éthiques ressenties par les hommes de l’art. Toujours renaissants, les cas de conscience ont suscité des échanges entre médecins et philosophes en quête des solutions les plus humaines. L’un des cas de conscience les plus discutés durant l’époque médiévale fut celui du médecin-accoucheur confronté au dilemme tragique d’avoir à choisir entre la vie de la parturiente et celle de l’enfant qu’elle met au monde. C’est ce type de dilemme qu’on a appelé « cas de conscience ».

Comme l’indique le latin casus qui signifie « l’accident », « l’imprévu », « l’évènement fortuit », le cas de conscience désigne une situation hors normes, qui n’admet pas de solution toute faite. La meilleure façon de procéder est de se mettre autour d’une table et de discuter. Au cours de la délibération, une dialectique s’instaure entre rationalité et sensibilité. En éthique, en effet, les émotions sont nécessaires car ce sont elles qui nous alertent sur nos valeurs. Elles jouent comme des ressorts intuitifs qui dynamisent le processus de délibération. Les réactions des acteurs de la discussion se pondèrent mutuellement jusqu’à ce que se dégage progressivement, une solution équilibrée.

Parmi les émotions ressenties dans ce type de situation, l’une des plus essentielles est la crainte pour le patient. Dans le cas de la pédiatrie, l’équipe médicale s’interroge sur l’avenir de l’enfant, sur sa vie, sur ses souffrances actuelles et futures. Cependant, l’évolution « autonomiste » des mœurs et l’intrusion du juge comportent un risque pour la sérénité des débats. En effet, si le bien du patient en vient à être déterminé par des tiers (tels que les proches ou les parents), la discussion collégiale entre acteurs de soin perd de son intérêt. La crainte pour le patient se trouve affaiblie et contrecarrée par la crainte du contentieux, au risque de biaiser la délibération.

Parce qu’il est consubstantiel à la médecine, il importe que le cas de conscience puisse continuer à être abordé sereinement par l’équipe médicale, de façon casuistique et en toute indépendance, conformément au code de déontologie.

Pierre LE COZ
Philosophe et Professeur d'université

 

Table-ronde du mercredi 17 mai, de 16h30 à 18h00

L’enfant, le pédiatre et le terrorisme

Pierre FOUCAUD

Notre pays, comme d’autres démocraties, se voit confronté à une menace terroriste qui s’inscrit dans la durée. Ces attaques répétées ont en commun de frapper aveuglément un maximum de victimes, misant sur l’effet de surprise et instrumentalisant la barbarie largement relayée dans les médias. La surenchère de la terreur conduit à viser aussi les enfants (Toulouse 2012, Nice 2016), voire à cibler spécifiquement des enfants, comme l’attestent des attentats récemment déjoués.

Cette improbable réalité qui s’impose à nous et qui n’a rien d’une fatalité, requiert de la communauté pédiatrique une prise de conscience, afin de se préparer, s’organiser dans l’hypothèse de futures menaces. Les retours d’expérience, au niveau français et européen, doivent nourrir les différents plans d’afflux massif de jeunes, voire très jeunes victimes. La gestion du risque implique une coordination anticipée des principaux professionnels de l’enfant : urgentistes, réanimateurs, chirurgiens, anesthésistes, SMUR pédiatriques. Agences Régionales de Santé, SAMU et Service de Santé des Armées ont un rôle majeur dans le pilotage des cellules de crise, le damage control, les transferts secondaires, la formation et préparation logistique des équipes à cette médecine de guerre à laquelle nous sommes mal préparés. Pédiatres libéraux, psychologues, Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques doivent s’impliquer dans la gestion de l’après-coup, le champ du stress post-traumatique auquel les enfants sont particulièrement vulnérables. La déclinaison territoriale de ces plans, intégrant les victimes de tous âges, est coordonnée par les ARS, chargées de cartographier les sites habilités à la prise en charge des blessés en situation d’urgence absolue.

Pédiatres et pédopsychiatres contribuent aussi à soutenir parents et enseignants en quête de comportements adaptés pour sensibiliser les enfants sans induire d’angoisse inappropriée. Un exercice difficile, d’autant que chacun doit veiller à ce que l’islamisation de la radicalité ne génère pas d’amalgames.

Pierre FOUCAUD
Service de Pédiatrie, CH de Versailles - Référent Pédiatrie, ARS Ile de France

 

Conférence plénière du jeudi 18 mai

De la double hélice d’ADN au transhumanisme

Jean-François MATTEI

La découverte de la double hélice d’ADN en 1953 a permis de mieux comprendre l’évolution de l’homme. Elle est aussi à l’origine de techniques d’analyses permettant d’apprécier la « qualité » des enfants à naître et même de prévoir la survenue d’éventuelles maladies au cours de la vie. Cette démarche pourrait légitimer une nouvelle forme d’eugénisme libéral d’inspiration médicale. D’autant que les récentes méthodes de séquençage à haut débit, la biosynthèse du vivant et la possible modification ciblée du génome constituent l’une des quatre technologies dites convergentes. Ces biotechnologies associées aux nanotechnologies, à l’informatique et aux sciences cognitives (NBIC) sont le support du transhumanisme, mouvement d’idées qui prône la transformation de l’homme par l’améliorant de ses qualités et de ses performances jusqu’à le rendre immortel.

Jean-François MATTEI
Membre de l'Institut de France, ancien Ministre de la Santé, Professeur de génétique médicale

 

Session du vendredi 19 mai

L’accompagnement à la parentalité

Danièle SOMMELET

De la réflexion conceptuelle et organisationnelle à son objectif majeur : le bien-être de l’enfant et de l’adolescent

Alors que les politiques sociales ont ciblé sur la petite enfance une grande partie des dispositifs d’accompagnement à la parentalité, il importe de ne pas méconnaître l’ensemble des situations de fragilisation des fonctions parentales ; notamment, en cas d’anomalies du développement de l’enfant, de situations de handicap, de maladies chroniques, de troubles de la santé mentale, de ruptures familiales, d’inégalités d’accès aux soins, de scolarisation inadaptée, tout comme dans les contextes de migration, de violence, de terrorisme.

A l’issue d’une connaissance, certes incomplète, des dispositifs publics et privés existants, nous proposons les recommandations suivantes : une formation adaptée des acteurs, une orientation correcte des parents, le décloisonnement des dispositifs proposés, le suivi des données recueillies et le recours à des programmes en permettant l’évaluation.
L’objectif de l’accompagnement à la parentalité doit s’inscrire dans une politique de promotion et d’éducation à la santé ainsi que de la prise en charge des situations de vulnérabilité. La reconnaissance de la place des pédiatres est indispensable au maintien du lien familial et d’une approche humaniste de l’enfant.

Danièle SOMMELET,
Professeur émérite de Pédiatrie à l’Université de Lorraine

 

Début du concours jeudi 19 mai à partir de 9h30

SimPediatric Awards 2017 : demi-finales et finales à Marseille !

SimPediatric Awards

Depuis le lancement des SimPediatric Awards en décembre 2016, ce sont 14 équipes qui ont manifesté leur intérêt pour cette première édition. Dix équipes sont allées au bout du processus d’inscription en proposant les noms de quatre internes et d’un coach sénior. Seules six équipes pouvaient être retenues pour les demi-finales et finales qui se tiendront au congrès de la SFP à Marseille, et une phase de pré-sélection s’est donc déroulée mi-mars.

Cette phase de pré-sélection a eu lieu in situ dans chacune des villes participantes. Chaque équipe a été confrontée à un scénario d’arrêt cardio-respiratoire hypoxique chez un nourrisson hospitalisé pour bronchiolite. L’évaluation portait sur le respect de l’algorithme de prise en charge d’un arrêt cardio-respiratoire, sur la qualité technique de la réanimation, sur la répartition des tâches et la communication au sein de l’équipe.

Les six équipes qualifiées pour les demi-finales sont Poitiers, Nancy, Paris-Necker, Paris-Trousseau, Marseille, et Nantes ! Elles se retrouveront pour les demi-finales qui auront lieu à Marseille le jeudi 18 mai de 9h30 à 11h et de 16h30 à 18h. Au cours de chaque demi-finale, trois équipes s’affronteront en prenant en charge la même situation clinique, sous l’œil d’un « expert » qui aura proposé le cas. Les deux équipes sortant vainqueur des demi-finales s’affronteront le lendemain vendredi 19 mai de 11h à 12h30, et se retrouveront également face à une équipe de « séniors » composées uniquement de coachs !

Nous vous attendons nombreux pour soutenir ces internes aux compétences admirables, qui s’affronteront dans une atmosphère conviviale et bienveillante. Les cas cliniques proposés seront l’occasion de se rafraîchir les idées sur des situations que nous risquons de rencontrer un jour ou l’autre dans nos services. Rendez-vous le 18 mai à 9h30 pour les premières mises en situation !

ADARPEF - Congrès de pédiatrie
AFPA - Congrès de pédiatrie
AFOP - Congrès de pédiatrie
SFCE - Congrès de pédiatrie
SFDP - Congrès de pédiatrie
SFIP - Congrès de pédiatrie
Société Française Néonatalogie - Congrès de pédiatrie
SFPediatrie - Congrès de pédiatrie
SOFOP - Congrès de pédiatrie